TRACES DE LA VIE COLONIALE

       

    AU CONGO BELGE ET AU RUANDA-URUNDI

       

    Jean-Claude Kangomba, Nicole Leclercq, Francine Meurice,

     

    sous la direction de Marc Quaghebeur

       

    Le douzième numéro de Congo-Meuse publié aux Editions L’Harmattan choisit de mettre en lumière des documents, souvent inédits, qui font partie des Archives & Musée de la Littérature (AML) à Bruxelles.

       

    Ils éclairent la vie quotidienne et les mentalités de la vie coloniale, d’une façon parfois surprenante, des lendemains de la Première Guerre mondiale aux moments des indépendances. Ils le font à partir de témoignages d’acteurs de terrain et de voyageurs. Certains n’ont pas fait la une de l’Histoire, d’autres oui, tels Pierre Daye ou le Chanoine Moeller.

       

    Les récits de voyage d’un haut magistrat, tel Maurice de Wée, zélateur de l’empire, vont de pair avec ceux de Maximilien Philips, opérateur radio en 1960. Les récits des tournées théâtrales du Rideau de Bruxelles et du Théâtre du Parc font découvrir une facette peu connue de la vie culturelle coloniale et fourmillent d’anecdotes savoureuses.

       

    Ces récits se complètent par celui d’une tournée plus immergée au cœur des populations locales, Les Bilulus, marionnettes de Monique Heckmann et de Jacques Zimmermann, qui sillonnèrent l’Est du Congo.

       

    La chronique factuelle de la visite du Roi Léopold III au Rwanda en 1957 décrit l’ampleur de la métamorphose en cours dans l’aménagement du territoire colonial tandis que celle du Lieutenant Dubois montre les modalités du déploiement militaire belge au Ruanda-Urundi après l’indépendance du Congo.

       

    Des acteurs de terrain permettent d’accéder d’une façon originale aux réalités coloniales. Les journaux d’Albert Maurice – l’animateur de l’Union Africaine des Arts et des Lettres – et de Nicolas Joseph Muller, administrateur colonial ayant œuvré en Urundi et au Katanga, respectivement laïc et catholique, mettent à nu des failles d’un système qu’ils servent par ailleurs avec beaucoup de zèle. Ces points de vue se complètent par la perception du médecin Albert Van Dorpe ou d’un jeune chercheur, José Trussart.

       

    Paul Lomami Tchibamba, le futur romancier de Ngando que couronna le Prix de littérature coloniale, rend palpables les discriminations dont se sentent victimes les Africains. Les témoignages de Joseph Mbungu Nkandamana, journaliste depuis les années 1950, et de Muepu Muamba, jeune étudiant début 1960, leur font écho dans les années qui tournent autour de l’indépendance, et permettent de dessiner une réalité contrastée.

       

    Enfin, la réédition d’un long texte de Charles François, écrit en 1957/8, et qui vit le jour dans l’hebdomadaire La Presse africaine qu’animaient Max et Marie-Madeleine Arnold, propose la redécouverte d’un fabuleux coup de sonde rétrospectif permettant de comprendre ce que pensaient des coloniaux ouverts, mais convaincus de la nécessité d’étapes pour aboutir au processus d’évolution et de dévolution du Congo.

       

    Ce volume 446 pages peut être acquisau prix de 42 euros auprès de L’Harmattan (Paris), via leur site internet  http://www.editions-harmattan.fr/ ou être commandé auprès de toute bonne librairie en Belgique.